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Casting, enfin…

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Parce que ce blog sait faire la part belle au théâtre musical français…

Je vous ai parlé il y a quelques temps déjà du musical Casting (ici ou encore ici). Rappelez-vous : ce musical de Vinh Giang Vovan et Guillaume Nozach, qui a remporté le prix découverte du Festival Les Musicals 2008. Et dire que je l’avais manqué à ce moment-là… Samedi soir, j’ai pu mesurer toute l’étendue de mon erreur (enfin, c’est pour la transition, parce que dans la pratique, j’allais pas envoyer quelqu’un à mon propre mariage pour aller voir Casting). Sachant que Guillaume Nozach, qui signe le livret et la mise en scène, est quelqu’un que j’estime beaucoup, je vais tâcher d’être objectif pour la critique qui va suivre. Allez essayer de critiquer des copains, vous…

Premièrement, tirer un énorme coup de chapeau à David Rozen et David Rebouh qui ont eu le courage de créer cet espace formidable qu’est le théâtre musical Marsoulan, et qui a ouvert ses portes très récemment. Ce théâtre, comme son nom l’indique, est totalement dédié à la comédie musical et à l’opérette, pour des productions de taille moyenne. Nul doute qu’il va devenir comme une deuxième maison pour tous les amoureux du théâtre musical…

Cette parenthèse étant fermée, commençons par le commencement, la bande-annonce :

La chanson proposée sur cette courte vidéo est la toute première qui campe la problématique : « Comment devenir une vedette quand on s’appelle Pamela Pouète ? ». Le ton est donné, l’humour sera… décalé ! Cette fable musicale n’est évidemment pas à prendre au premier degré… Je ne vais pas dévoiler les ficelles de l’intrigue, qui s’avère au final bien plus sophistiquée et inatendue que ce que l’on aurait pu imaginer au départ.

La compagnie Elixir enchanté

Au niveau de la troupe, c’est un ensemble tout simplement parfait :

  • Gaëlle Pinheiro incarne une détonante Pamela
  • David Koenig (le seul que je connaissais pour l’avoir vu dans Le Prince et le Pauvre, de Ludovic-Alexandre Vidal et Julien Salvia) incarne l’exigeant metteur en scène Maxime Strombo
  • Florian Cléret est un Jérémy mal dans sa peau absolument génial
  • Camille Favre-Bulle est Gloria est une ancienne gloire rongée par les désillusions du temps et l’alcool
  • Fred Colas est Jack,  un acteur has been qui apprécie tout particulièrement les faveurs des jeunes premières et qui voit en Pamela une nouvelle « victime ».

Les fans du spectacle me diront alors, outrés : mais tu oublies deux personnages. Et c’est volontaire. Pour mieux mettre en avant ce coup de génie de mise en scène de Guillaume qui a eu l’idée lumineuse de faire intervenir dans ce spectacle deux éléments venus tout droit du monde du cirque. Des clowns, des vrais. Tantôt personnages, tantôt accessoires, tantôt chauffeurs de salle, et même éléments de décor ils offrent au spectacle une coloration et un dynamisme envoûtants. Si les personnages n’interviennent pas directement dans l’histoire, ils contribuent totalement à l’atmosphère surréaliste et ô combien colorée de Casting. Incontestablement, c’est LA bonne idée esthétique et scénique. Ils sont incarnés avec brio par Zoé Micha et Gaël Massot, qui constituent une interface nouvelle et magique entre le cirque et le musical.

Ces 7 comédiens forment une nouvelle compagnie baptisée Elixir enchanté, en référence à un passage détonnant de Casting. Nul doute qu’on croisera cette talentueuse compagnie, à tous les niveaux, sur les planches de France, et pourquoi pas de Navarre…

Et le spectacle alors ?

Pour tout dire, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le spectacle. Le début est très déstabilisant : est-ce une comédie ? Un drame ? Une satyre ?

Côté scène, le décor est pour le moins épuré. Je dirais même, suggéré par quelques éléments : une porte, une penderie… Et bien sûr les deux clowns. Tout le reste n’est que suggéré. On découvre alors ce personnage de Pamela Pouète, en proie à ses doutes et son manque évident de confiance en elle. Quelques minutes, et l’allégorie prend forme. Sous ses airs simplistes, l’histoire est parfaitement travaillée et les questions soulevées sont universelles.

La musique, à l’image de la mise en scène, est très inventive, voir avant-gardiste. Et c’est sacrément technique… Vous pouvez en écouter quelques extraits sur le myspace du spectacle. Concernant le livret, si le vocabulaire employé est simple, c’est très efficace. Il y a énormément de poésie qui se dégage de l’ensemble, on se retrouve sous le charme sans même s’en rendre compte. Et on rit, beaucoup. Malgré tout, selon moi, et j’insiste, la grande force du spectacle, c’est la mise en scène. Je n’avais jamais rien vu d’aussi original, abouti, et efficace en même temps.

Les acteurs sont exceptionnels, à tel point que j’ai presque du mal à élire mon traditionnel coup de cœur. Je pense que la palme reviendra malgré tout à Florian Cléret, fabuleux au niveau du jeu, et surtout impressionnant vocalement. Il me rappelle un peu Vincent Heden, ce qui n’est pas rien…

Au niveau des critiques un peu plus négatives, il n’y a pas grand chose… Peut-être, pour pinailler, aurais-je grimé le personnage de Pamela pour le début du spectacle, pour accentuer son côté mal dans sa peau. Flatterie à part, elle est presque un peu trop belle au début du spectacle. C’est plus logique après sa « métamorphose ». Sinon, j’ai tout de même relevé quelques facilités ou approximations dans le texte à de très rares moments. Mais c’est vraiment pour pinailler.

Conclusion : Courez-y !

Ce spectacle est un véritable petit bijou que je ne peux que recommander. Si vous n’êtes pas convaincu, voici quelques impressions recueillies à la sortie auprès d’un David Koenig… schizophrénique :

Il reste encore un peu de temps puisque le spectacle se joue tous les vendredis et les samedis soirs jusqu’en mai, mais si vous trainez trop, vous ne pourrez peut-être pas la revoir. Et vous en aurez envie !

A part ça, saluons la création du site Musical Avenue, qui rejoint Regard en Coulisse pour nous éclairer sur le monde du Musical. Souhaitons-lui longue vie !

En ce qui me concerne, la prochaine étape musicale sera poilue, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que du remake de la célèbre comédie musicale rendu célèbre par la légendaire apparition des fesses de Julien Clerc, j’ai nommée : Hair.

Quelques liens :

Anthony Kavanagh : Un artiste à part…

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Jeudi soir, j’ai eu la chance d’assister au dernier spectacle d’Anthony Kavanagh (AnthonyKavanagh.com). Pour ceux qui ne connaîtraient pas le personnage, je dois admettre qu’il est relativement indéfinissable. Il est arrivé en France en 1998 avec son premier One Man Show détonnant dans lequel il faisait étal de ses talents d’humoriste, de bruiteur, mais également de chanteur (je découvre à l’instant qu’il a accompagné Céline Dion ou encore Julio Iglesias en première partie…). On l’a même vu comme animateur des NRJ Music Awards pendant 6 ans ! Voici un extrait de son premier One Man Show (oui, oui, c’est le même monsieur que sur l’affiche ci-dessus mais avec des cheveux…) :

 

Son humour se caractérise par beaucoup de références politiquement incorrectes, et aussi parfois par des blagues très graveleuses, un peu désagréables à vrai dire. Comme vous l’avez vu dans la vidéo précédente, il a également une faculté assez phénoménale pour imiter et faire des bruitages. Au final, le rendu de ses spectacles est très dynamique et surtout extrêmement drôle.

Ce qui est étonnant, c’est les multiples facettes du personnage. On peut s’en rendre compte sur le DVD de son premier spectacle, au moment où il interprète de façon magistrale le célébrissime tube de Ray Charles, Georgia on my Mind. La deuxième fois que je l’ai vu faire chauffer ses cordes vocales, c’est dans le musical Chicago au Casino de Paris. Et là, j’ai pris une claque. La plupart des chanteurs français n’ont pas le quart du dixième de la technique vocale de Kavanagh. Il interprétait le rôle de BillyFlynn dans le musical adapté par Laurent Ruquier, et j’espère pour la santé de Richard Gere (qui a massacré interprété le rôle dans le film de Rob Marshall) qu’il n’a jamais vu la performance d’Anthony Kavanagh, tout simplement exceptionnelle, dans le même rôle.

La troisième étape a été plus audacieuse, et probablement plus mitigée. Avec Les démons de l’Arkange, cet artiste aux multiples facettes nous a proposé un spectacle pour le moins original, à mi-chemin entre le concert, la comédie musicale et le One Man Show. Un album est même sorti avec les musiques du spectacle. La portée médiatique de ce dernier a été relativement faible, dans une France pas encore prête à considérer pleinement le théâtre musical (je m’en souviens, c’était le soir de la victoire 3-1 de la France contre l’Espagne lors de la dernière coupe du monde de football, j’avais suivi le match sur mon mobile pendant le show…). Mais pour un artiste chanteur, imitateur, humoriste et même danseur de la trempe de Kavanagh, il faut bien reconnaitre que ce spectacle, c’était du sur mesure. Et j’avais vraiment aimé (même si ce n’est pas vraiment mon style musical, à la base…).

Avec anthonykavanagh.com, l’artiste revient sur ses terres essentiellement humoristes, pour notre plus grand plaisir. Je voulais témoigner ici toute mon admiration pour les artistes de cette classe, bien trop méconnus en France, dans une culture qui a tendance à classer : Un chanteur ne peut pas décemment être un humoriste, et un danseur ne jouera pas la comédie. Chacun est bien compartimenté. C’est ce que j’admire chez les artistes québequois : beaucoup sont vraiment très complets, il y a cette culture du musical qui rend ce phénomène possible (on peut citer également Stéphane Rousseau, dans le même genre). Vivement que le vivier français produise des artistes de cette classe (c’est en fait déjà le cas), mais surtout, vivement que ces derniers aient la reconnaissance qu’ils méritent !

Création et Internet (Hadopi) ou la bêtise dans toute sa splendeur

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Alors que notre cher gouvernement subit crise sur crise, grogne sur grogne et grève sur grève, certaines réformes certes moins médiatiques sont passées sous silence, à part bien entendu sur Internet où tout se sait même quand c’est du grand n’importe quoi. On parle beaucoup en ce moment du « pouvoir d’achat », de la Guadeloupe, de l’industrie automobile, du rapport Balladur sur la réorganisation des collectivités territoriales. On parle beaucoup moins des problèmes que pose la réforme du statut des enseignants chercheurs, alors même que la bonne santé de la recherche peut être fondamentale pour l’avenir de pays, voir de l’humanité. Et on ne parle quasiment pas de la loi Création et Internet.

Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle loi ?

Le projet de loi Création et Internet ou loi Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) a pour objectif principal de lutter contre le piratage des œuvres artistiques (cinéma et musique en premier lieu). Il prévoit la mise en place d’une riposte graduée à l’encontre d’un internaute qui se rendrait coupable de téléchargement illégal. Pour ce faire, les FAI (Fournisseurs d’Accès Internet) pourraient également fournir la correspondance entre l’adresse IP (numéro d’authentification de l’abonné sur le réseau, pour faire simple), et l’identité de l’abonné. Ce dernier serait averti par un email, puis en cas de récidive par une lettre recommandée et s’il persistait, il pourrait voir son abonnement Internet purement et simplement suspendu. Et ce sans aucun recours immédiat possible.

Concernant le volet non répressif, le projet de loi prévoit la création de la fameuse Haute autorité susnommée (HADOPI, donc) qui serait une autorité de surveillance (interopérabilité des dispositifs de DRM, étude sur les nouveaux enjeux posés par la question des droits d’auteurs, …).

Vous pouvez retrouver une explication plus détaillée sur cette loi et sur les remous politiques qu’elle a suscitée sur Wikipédia. En effet, si cette loi pourrait poser des problèmes éthiques du point de vue des libertés individuelles, ce n’est pas l’objet de cet article.

L’affaire Luc Besson : le débat est ouvert

Qui ne connait pas Luc Besson ? Ce brillant réalisateur/producteur/scénariste a qui l’on doit les chefs d’œuvre que sont Le Grand Bleu, Le Cinquième Elément, ou encore Nikita, Léon, … Il s’avère que lorsqu’il s’agit de la question de ses millions de dollars des droits d’auteur, M. Besson soit moins talentueux.

Tout commence par une tribune écrite de sa plume pour le quotidien Le Monde. Cette tribune, émaillée de nombreuses erreurs juridiques et techniques, a été disséquée par l’avocat français préféré du web, maître Eolas, particulièrement en verve sur cette question. Entre autres erreurs :

  • Assimiler systématiquement le streaming (c’est-à-dire le fait de regarder des vidéos sur dailymotion ou youtube) à du piratage, alors qu’un grand nombre de vidéos sont parfaitement légales ;
  • Le chiffre de 500 000 films piratés par jour est ridiculement fantasque, et on ignore la source de ce chiffre.
  • Le piratage, notamment le streaming, a comme caractère juridique la contrefaçon, et non le vol ;
  • 500 000 films par jour seraient piratés, soit 182 500 000 par an, ce qui constituerait selon le réalisateur un manque à gagner de 1 milliard d’euros, soit le film à 5,50 €… A priori, il n’existe pas d’offre (support physique ou non) permettant de regarder un film autant de fois que l’on veut à ce prix-là.

Quelques jours plus tard, Luc Besson est invité sur le plateau de L’hebdo cinéma sur Canal +. Bien servi par une journaliste qui, si elle est probablement compétente sur la cinématographie, ne comprend manifestement rien aux enjeux de l’internet, Luc Besson ressort son discours en rajoutant une phrase que je qualifierai de phrase du mois (aux environs de la 39ème seconde de la vidéo), voir de l’année.

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que vous avez des sites canadiens, on va prendre beemotion, par exemple, c’est un site canadien, qui ne pourrait pas être lu en France sans être hébergé. »

Si les erreurs et raccourcis de sa tribune dans Le Monde peuvent s’apparenter à la mauvaise foi de celui qui veut convaincre à tout prix, cette dernière prouve qu’il s’agit en réalité d’une incompétence totale en matière d’Internet et de nouvelles technologies. En résumé, M. Besson nous explique qu’on ne peut visiter depuis la France que des sites hébergés en France, ce qui bien entendu est complètement faux, puisqu’on peut bien heureusement surfer sur des sites Internet hébergés dans le monde entier. A moins que M. Besson ne suggère que l’on fasse comme en Chine pendant les Jeux Olympiques, en interdisant l’accès à certains sites étiquetés comme subversifs… Le bel exemple ! 

Malgré cela, Luc Besson a le mérite de soulever un débat important, celui de la responsabilité des hébergeurs (comme Free, pointé du doigt) quant aux contenus publiés par leurs clients, qui louent un espace (payant ou non) et sont à l’heure actuelle considérés comme responsables de leurs actes. Personnellement, je trouve cela normal, un hébergeur ne pouvant que difficilement contrôler tous les contenus. Dans tous les cas, je pense que l’auteur est responsable de ce qu’il publie. Beemotion a d’ailleurs été fermé suite à la tribune de M. Besson, ce qui est normal si le site enfreint les lois en vigueur.

L’avenir du piratage

Luc Besson dénonce dans sa tribune l’idéologie de la « culture gratuite ». C’est probablement son interprétation la plus désastreuse. Ce n’est plus une idéologie, mais un état de fait. Les plateformes utilisées pour le téléchargement illégal sont faciles d’accès, et on n’y trouve absolument tout. Je pense à eMule, Bittorrent, mais également le téléchargement direct (megaupload, rapidshare, …) ou encore les newsgroups binaires.

Je discutais avec une de mes connaissances qui m’expliquait que l’installation du jeu GTA IV qu’il a acheté était tellement contraignante, avec un processus d’activation et de protection d’un autre monde, qu’il avait presque été tenté de télécharger la mouture « crackée » du jeu pour davantage de simplicité dans l’installation.

En fin de compte, tous les médias sont accessibles simplement, rapidement, et gratuitement, ce qui me fait poser la question suivante : Jusqu’on est-on prêt à aller pour conserver un système, certes très lucratif pour ces messieurs, mais totalement obsolète, plutôt que de revoir intégralement la question des droits d’auteur en prenant en compte le fait qu’on est au XXIème siècle ?

La riposte graduée est d’ores et déjà vouée à l’échec, ne serait-ce que d’un point de vue technique. Voici un comparatif des différentes méthodes de « piratage » :

1) eMule

Principe : Peer-to-Peer. L’utilisateur se connecte à un serveur, et il peut ensuite partager des fichiers avec les différents utilisateurs. Des dizaines de sites internet recensent des liens vers des films, albums ou jeux. Il suffit de clquer dessus et le logiciel se charge du reste.

Avenir avec la riposte graduée : Compromis. Il est très simple de récupérer la liste des IPs connectées à un serveur. Ainsi, l’identité des abonnés est connue. Seules des solutions techniques peuvent permettre un contournement.

2) Bittorent

Principe : Peer-to-Peer. Pas de serveur, mais des connexions directes entres les abonnés. Il suffit de récupérer des fichiers .torrent sur différents sites et forums et le logiciel dédié s’occupe de récupérer des morceaux de fichiers auprès des différentes sources… et de partager les votres !

Avenir avec la riposte graduée : Relativement paisible. On peut d’une simple coche crypter les connexions avec les autres « peers ». L’idée lumineuse est donc de traquer les IPs qui se connectent sur les trackers (sites web proposant des liens vers des fichiers « .torrent »). En signe de protestation, des sites comme thepiratebay ont déjà commencé à inonder leur site de fausses adresses IPs d’internautes qui ne se sont même probablement jamais connectés au site (générés de façon aléatoire). De ce fait, M. Dupont, 69 ans, qui ne fait que regarder ses emails « parce qu’il n’y connait rien en ordinateurs », pourrait voir son abonnement suspendu sans raison.

3) Le téléchargement direct

Principe : Pourquoi se compliquer la vie quand on peut télécharger en un simple clic, comme sur telecharger.com, par exemple ? Les solutions de stockage en ligne se multiplient : il suffit de copier sur un serveur un fichier qui est ensuite accessible par un simple lien.

Avenir avec la riposte graduée : Paisible. Comment déceler ces téléchargements ? Si les hébergeurs en question essaient au maximum d’éliminer les contenus protégés, il suffit de mettre un nom non explicite et un mot de passe à l’ouverture pour garantir un anonymat total. Des tas de forums qui modèrent les inscriptions publient ce genre de liens. La mise en place de réelles solutions de filtrage sont coûteuses et probablement peu efficace, à moins d’interdire totalement le web…

4) Les newsgroups binaires

Principe : Le plus ingénieux. Il suffit de se connecter via un client adapté à un simple forum de discussion. Les films sont en fait découpés et chargés sur un serveur sous forme de dizaines de messages de forum. Il suffit de récupérer tous ces messages et de les assembler et on récupère un film, ou une chanson… mais aussi 95 % de fichiers totalement légaux. Certains logiciels, dont le plus connu est Grabit! font ça automatquement (compiler les messages en un fichier).

Avenir avec la riposte graduée : Radieux. Free, seul FAI français à donner l’accès gratuitement à ces newsgroups, a été contraint de faire le ménage. Ce n’est pas le cas des autres fournisseurs, notamment étrangers, qui garantissent moyennant une somme ridicule l’accès illimité et à plein débit à ces forums, et ce de façon encryptée et anonyme (SSL). Il est par ailleurs extrêmement simple de trouver des moteurs de recherches dédiés à ce genre de fichiers, sur le modèle de Google, qui recense tout sans faire de tri.

La solution n’est pas dans la répression.

Comme je viens de le montrer, il n’existe à l’heure actuelle aucune parade technique efficace de répression face au piratage. La riposte graduée découragera certaines personnes au départ, mais au final et grâce à la diffusion massive d’informations sur le Net, les gens trouveront d’autres moyens. Comme toujours depuis que l’on peut copier un média, dès lors que l’on met en place une protection ou des contrôles, des petits malins trouvent des moyens de les contourner ; Déjà avec les K7 (audio ou VHS), les CD gravables, les premiers problèmes ont commencé à se poser. A chaque nouvelle barrière légale, les « pirates » trouvent une parade. Pour le plaisir, sans doute.

Le problème surtout, et maître Eolas l’exprime clairement, c’est qu‘il n’existe aucune alternative crédible légale, simple, illimitée et surtout, au juste prix. Le téléchargement légal vous propose le film à minimum 3 €… pour un unique visionnage. Et quand bien même aurais-je acquis un DVD, il me faudra payer à nouveau le prix fort pour acquérir la version haute-définition (blu-ray) qui sera compatible avec mon téléviseur dernier cri, et ainsi de suite. Voilà bien quelque chose qui ne dérange pas Luc Besson, c’est que l’on paie n fois les droits de tout ce que tu veux simplement pour changer de support… J’imagine le cinéphile qui a acheté ses K7 vidéo des films de Charlot, qui a jeté son magnétoscope et les rachète en DVD, et qui au final devra les acheter en blu-ray pour les lire sur son téléviseur Full HD. Tout ça pour des films, vus et revus, passés à la télévision 1000 fois, c’est quand même un monde !

Je vais aller plus loin qu’Eolas. Personnellement, je ne pense pas qu’un modèle qui repose sur la culture gratuite soit viable. Par contre, je pense que l’avenir est à l’illimité. Le seul modèle viable pour contrer le piratage est de proposer un accès illimité à des catalogues bien fournis. La licence globale, pour l’appeler par son petit nom, est la seule alternative crédible au piratage. Les producteurs peuvent se battre autant qu’ils veulent pour contrer les « pirates » et sauvegarder leur modèle archaïque, ils ne parviendront à endiguer le phénomène qu’en proposant des offres comparables et attractives.

Les plateformes légales… et gratuites ! Et des taxes, toujours des taxes…

Le meilleur exemple sont ces nouveaux sites qui proposent l’écoute gratuite et illimitée de musique, comme l’excellent deezer, ou encore jiwa pour ne citer que les français. Les majors ont bien compris leur intérêt dans ces nouveaux moyens légaux, gratuits et illimités puisqu’ils ont tous signé des accords avec les sites en question. Le tout financé par la publicité, bien entendu.

Luc Besson prend l’exemple des internautes américains (dans la vidéo mentionnée plus haut, 2ème minute) « qui ont très bien compris les dangers, puisque le piratage américain a vraiment baissé ». Les Français ne sont pas plus idiots que les Américains, mais les Américains, outre les offres de musique gratuite et illimitée, disposent également de streaming légal, notamment de leurs séries préférées : NBC, par exemple, offre ses séries au téléchargement gratuitement. Forcément, si l’internaute a le choix entre le gratuit légal immédiat et le gratuit illégal un peu plus compliqué, il choisira le gratuit légal !

Et malgré ces millions de films soi-disant téléchargés illégalement, nous avons encore battu en France le record du nombre d’entrées dans les salles de cinéma en 2008. Le prix des places de cinéma a beau augmenter notamment pour compenser les effets du piratage, nous dit-on, et atteindre un tarif démentiel (10 € !), les salles obscures n’en finissent pas de se remplir. La faute au piratage ?

Luc Besson ne mentionne pas non plus les nombreuses taxes sur la copie privée désormais inclues dans le prix de tous les supports  (disques durs, clés usb, CD et DVD vierges, …), que l’on fasse des copies privées ou non, pour favoriser la création artistique. Par contre, aucune compensation n’est prévue pour ceux qui utilisent leur disque dur pour stocker leurs photos de vacances uniquement et qui s’affranchissent d’une taxe qui ne les concerne pas.

Contrairement à l’industrie cinématographique, il parait que l’industrie musicale est en crise. Mais mettre cela sur le compte du seul piratage serait se voiler la face : un CD à 15 ou 20 €, c’est bien trop cher, surtout lorsque les deezer et consorts fournissent cela gratuitement. Et si on parle de téléchargement légal, ça vire à la blague : 1€ minimum le titre, ce qui fait disons 12 € l’album. Si l’on considère qu’il n’y a quasiment aucun frais ni de distribution, ni d’emballage, il est certain que l’industrie du disque inspire beaucoup de pitié. Là encore, il faudrait songer à réfléchir à une offre un peu plus attirante…

Conclusion : les gens sont prêts à payer, mais au prix juste pour une offre attractive

Est-ce que le modèle « à la deezer » va perdurer ? Je ne suis pas certain qu’il soit viable. Cependant, comme je l’expliquais plus haut, je suis plutôt favorable à un forfait payant qui m’offrirait un accès illimité et non restreint à un catalogue riche, et renouvelé régulièrement. Pour ne pas être accusé de mauvaise foi, je signalerais que dans une partie coupée de la vidéo de Canal +, Luc Besson ne fait pas que dire des âneries, mais propose entre autres choses la mise en place d’un tel système de catalogue illimité payant. Et à vrai dire, la plupart des grands consommateurs de médias (comme moi) sont prêts à payer un juste prix pour cela.

Un exemple récent est celui du groupe de rock international Radiohead qui, privé temporairement de maison de disque, a proposé en 2007 aux internautes le téléchargement de son dernier album. Pas gratuitement, mais à un prix fixé par l’acheteur lui-même ! Au final, sur 1 million d’acheteurs, si 1/3 des personnes n’a rien payé, les fans ont payé en moyenne 6 € pour l’album. Un prix tout à fait correct, voir assez élevé pour un simple téléchargement sans tous les frais engendrés par la conception et la distribution des supports physiques.

Les insugés : Une histoire vraie à la sauce hollywoodienne

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Edward Zwick, le réalisateur de Blood Diamond a décidé d’adapter l’histoire vraie des frères Bielski, Juifs originaires de Biélorussie, qui ont sauvé 1200 Juifs en survivant pendant 3 ans dans des camps de fortune cachés dans la forêt. Le long-métrage fait écho au roman de Peter Duffy, Les frères Bielski, qui relate cette aventure.

Daniel Craig, alias le dernier avatar de James Bond (Casino Royal, Quantum of Solace) incarne Tuvia, l’aîné des quatre frères. Il est accompagné au casting de Jamie Bell (King Kong, Mémoires de nos pères et bientôt en motion picture dans le Tintin de Steven Spielberg) et de Liev Schreiber (Scream) qui incarnent ses deux jeunes frères, protagonistes principaux de cette histoire.

Le démarrage du film est difficile : le départ est très brutal et rapide, le montage un peu étrange. La première demi-heure se joue sur un faux rythme et dans une atmosphère particulière. On passe trop vite du drame à des scènes plus légères qui effleurent quasiment la comédie, ce qui fait que j’ai eu un peu de mal à rentrer réellement dans l’histoire. Peut-être également que Zwick a voulu intégrer des éléments dramatisants (musique, ralentis) un peu trop tôt dans l’histoire, ce qui fait que pendant la première demi-heure, on peut avoir l’impression d’assister à une grosse farce, et on se prend à rire nerveusement alors que ce n’est plus le moment… Heureusement, le film dure non pas une demi-heure, mais pas loin de 2h30.

Et cette médiocre mise en bouche passée, ce sont deux heures haletantes, émouvantes, souvent brillantes qui attendent le spectateur. L’interprétation est parfaite, le rythme soutenu, l’histoire pleine de force. L’authenticité des décors, l’intensité des scènes de combat, les doutes, les peines et les joies des personnages font que l’on ressort complètement sonné de la salle obscure. La scène du mariage notamment est bouleversante : on y assiste à un mariage juif traditionnel en pleine forêt, mélangé avec les images de combats ardus entre guérilla russe et armée nazie.

Certes, le réalisateur n’a pas pu s’empêcher quelques symboles légèrement hors de propos comme le cheval blanc de Daniel Craig, l’analogie parfois pesante entre le personnage de Tuvia et le Moïse sauveur du peuple juif, et quelques attaques en règle de la Russie (globalement décrits comme soulards, sauvages et lâches). Néanmoins, ces quelques détails n’altèrent pas réellement la qualité du déroulement d’autant plus merveilleux que l’histoire est véridique. L’acte de résistance de ces Juifs aura été simplement de vivre, envers et contre tout. Et de constater qu’à la violence et aux persécutions, ces Juifs ont répondu par de l’espoir, des écoles et des hôpitaux (le dernier camp de forêt comptait en effet une crèche, une école et un hôpital). C’est une belle leçon de vie à l’heure où certains font l’apologie de la mort et des martyrs contre… toujours les mêmes !

« Plomb durci », c’est fini… Pour combien de temps ?

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Israël a donc mené son ultime offensive de l’époque de l’administration Bush, et a fait cadeau d’un cessez-le-feu à Barack Obama pour son investiture. Si chacun des belligérants revendique la victoire, l’image d’Israël en ressort passablement écornée, mais en parallèle, le Hamas semble avoir perdu son impunité auprès des instances internationales. On parle enfin des roquettes et des boucliers humains. Pour résoudre un problème, encore faut-il en comprendre les enjeux et les mécanismes, et il semblerait que le conflit ait mis en lumière un certain nombre d’éléments jusqu’ici ignorés par les instances internationales, et notamment l’ONU (qui reste loin du compte…).

« Plomb durci » : un succès relatif

L’opération israélienne s’est soldée par un succès difficilement contestable au regard des objectifs annoncés, mais un succès très mitigé malgré tout. Un succès, parce qu’Israël a probablement rétabli son pouvoir de dissuasion après l’affront essuyé contre le Hezbollah  libanais en 2006. Le Hamas a été pris de court et très rapidement asphyxié par la puissance de l’armée israélienne, bien mieux préparée à la guérilla urbaine qu’en 2006. C’est un signal fort envoyé à tous ceux qui se présentent comme des ennemis d’Israël, ou plus exactement de « l’entité sioniste », à commencer par les grandes puissances qui soutiennent le Hamas ou le Hezbollah, autrement dit l’Iran et la Syrie.

Un succès mitigé cependant, d’abord, par le nombre de victimes. Si les soldats étaient mieux entrainés (le nombre de victimes parmi eux est négligeable comparé à ce qui s’est passé en 2006 au Liban), le nombre de victimes parmi les civils dans la bande de Gaza est assez important (En trois semaines, au moins 1.300 Palestiniens ont été tués, dont 410 enfants et 108 femmes, et plus de 5.300 blessés, selon les services d’urgence de Gaza, et 500 terroristes selon les autorités israéliennes).

Il me semble important de rappeler à ce stade que les « méthodes » de la milice terroriste concernant la « protection » des civils sont criminelles. Boucliers humains, lancement de roquettes depuis des zones surpeuplées malgré les protestations de la population, occupation de lieux de cultes ou de bâtiments de l’ONU, rien ne freine le « gouvernement démocratiquement élu », comme diraient certains. « Maintenant, il faut aussi rappeler quand même la responsabilité écrasante du Hamas. Je le dis ici à dessein, le Hamas est un mouvement terroriste et il faut le dénoncer comme tel », rappelait le 26 janvier Louis Michel, commissaire européen au développement. Voici un témoignage édifiant d’une palestinienne réfugiée à Paris, recueilli par France Info :

Deuxièmement, les destructions opérées dans la bande de Gaza sont dramatiques, et il faudra plusieurs années et des milliards d’euros pour reconstruire ce qui a été détruit. Bien que l’aide humanitaire ait été acheminée quotidiennement via les points de passage depuis Israël, et même depuis l’Égypte, il semblerait que le Hamas attaque les convois et vole l’aide humanitaire destinée à la population, pour la distribuer aux personnes qui soutiennent ouvertement le mouvement terroriste (Source : Jerusalem Post et témoignage précédent). Là encore, la responsabilité de la milice quant à la misère et aux destructions d’infrastructures est édifiante.

Côté israélien, les roquettes ont continué de tomber, certes moins intensément, mais la portée de celles utilisées à l’apogée de l’opération israélienne est inquiétante. De 20 km avant la trêve qui a précédé l’incursion israélienne, elle atteint désormais 40 km, et les services secrets israéliens estiment que des missiles d’origine chinoise de 60 km de portée pourraient être utilisés prochainement si la contrebande d’armes n’est pas supprimée. Par ailleurs, le soldat Shalit est toujours prisonnier du Hamas, et le temps ne joue probablement pas en sa faveur. Enfin, suite à l’utilisation présumée d’armes, certes autorisées, mais très controversées (au phosphore blanc), notamment, l’armée israélienne va être poursuivie pour crimes de guerre par un certain nombre d’ONG et devra répondre de ses actes devant la justice internationale. Il va sans dire que les enjeux de ces batailles judiciaires sont fondamentaux pour la crédibilité israélienne. Néanmoins, j’espère que les mêmes ONG exigeront que le Hamas soit également jugé, mais au vu des prises de positions des ONG en question, j’en doute.

Quel avenir pour la trêve ?

Signalons pour commencer que la première rupture de la trêve est apparue ce mardi 27 janvier à 8:00 environ. Guysen rapporte que des terroristes ont actionné une bombe au passage d’un véhicule de patrouille de Tsahal près de la barrière de sécurité au niveau de Kissoufim. Des snipers palestiniens ont ouvert le feu sur place. Le bilan est encore inconnu au moment où j’écris ces lignes. Bien que les roquettes aient cessé de menacer les civils israéliens pour le moment (faute d’approvisionnement ?), le cessez-le-feu ne semble pas concerner l’action contre les militaires. Le Hamas a décidément une conception étrange du cessez-le-feu. Espérons que cela reste un acte isolé, pour le bien de tous.

Il semblerait par ailleurs, parce que tout cela ne suffit pas, que le Hamas ait gonflé les chiffres concernant le nombre de victimes. Le scandale a été révélé par le très sérieux journal italien Corriere della Sera, dans un article traduit ici, qui recueille des témoignages édifiants sur le comportement du Hamas dans la bande de Gaza durant l’incursion israélienne. Et qui met également en doute le nombre de victimes, les personnes citées accusant le Hamas d’avoir gonflé les chiffres. Ceci rappelle curieusement l’épisode de Jénine en 2002, durant lequel l’armée israélienne avait été accusée d’avoir massacré 500 personnes voir plus selon le degré de fanatisme de la source. Au final, et après enquête de l’ONU, le bilan est de 52 morts, 54 selon le directeur de l’hôpital de Jénine… dont 45 combattants !

Un médecin palestinien affirme : « Nous l’avions déjà signalé aux chefs du Hamas. Pourquoi tiennent-ils à gonfler les chiffres des victimes ? Il est étrange, entre autres, que les organisations non gouvernementales, y compris les occidentales, en fassent état sans vérification. Finalement, la vérité pourrait émerger, et il en serait comme à Jénine en 2002. Au début, on a parlé de 1 500 morts. Il s’est avéré ensuite qu’il n’y en avait que 54, dont 45 guérilléros tombés au combat. » Tout ceci semblerait confirmé par le nombre de lits vides dans les hôpitaux à Gaza, selon le journal italien.

Et bien entendu, à l’heure de rétablir cette potentielle vérité, il sera trop tard pour Israël qui certes, a fait des progrès dans la guerre de l’information, mais n’arrive pas encore à la hauteur de mouvements comme le Hamas. Il faut dire que le mouvement terroriste n’ayant que faire des vies humaines de leurs martyrs, c’est plus facile de créer des morts et de la souffrance.

Et le reste du monde, dans tout ça

Il est évident que le changement d’administration aux États-Unis est une nouvelle donne à assimiler pour les protagonistes du conflit. L’élection de Barack Obama suscite les espoirs les plus fous et d’aucuns pensent qu’il pourrait être celui qui va apporter une réponse durable au conflit israélo-arabe. A court terme, George Mitchell vient d’être délégué par Obama et sa nouvelle secrétaire d’État Hillary Clinton pour se concentrer sur les solutions à apporter au conflit. Rappelons que l’ancien sénateur a joué un rôle très actif dans la résolution du conflit en Irlande du Nord. Espérons qu’il sera l’homme de la situation.

L’autre nouvelle donne, c’est l’attitude de l’Égypte, agacée par le Hamas et consciente du danger que représente cette émanation des Frères Musulmans, principal « parti » d’opposition dans le pays des pharaons. Hosni Moubarak semble déterminer à stopper la contrebande d’armes à destination de la bande de Gaza, soutenu en ce sens par la France et l’Allemagne, qui ont proposé un soutien logistique à l’Égypte en ce sens.

La France cherche par ailleurs à intégrer le Hamas dans la communauté internationale, à la condition que l’entité terroriste se joigne au processus de paix, et éventuellement qu’elle reconnaisse Israël (ce qui ne semble plus être une condition non négociable, malheureusement). Cette attitude qui vise à tenter d’obtenir des concessions en ouvrant la porte à des dirigeants peu scrupuleux est conforme à ce que le président Sarkozy a tenté en recevant Muammar Khadafi ou encore en renouant le dialogue avec Bachar Al-Assad, le président syrien. Pour le moment, cette politique n’a pas réellement provoqué de changements positifs tangibles dans le comportement des Etats concernés.

Enfin, la Jordanie, qui avait rappelé son ambassadeur pour protester contre l’incursion israélienne durant l’opération, l’a finalement renvoyé en Israël. Sans commentaire.

Au delà des efforts individuels des États, deux choses m’ont réellement inquiété, au-delà de ce qui se passait sur le front :

1)  L’attitude de l’ONU et des médias

Au-delà d’une criminelle partialité (la prise en compte des roquettes envoyées par le Hamas depuis Gaza est admise depuis trop peu de temps, sans compter les problèmes de surexposition des civils qui ne sont même pas mentionnés dans les rapports à ma connaissance), c’est cet empressement à condamner l’État d’Israël systématiquement qui est préoccupant. Nous avons donc assisté à un dialogue de sourds entre une entité, qui semble appliquer la charte d’lONU dont l’article 51 accorde aux États le « droit de se défendre », et l’ONU qui fait la sourde oreille et condamne souvent en ignorant les exactions de l’adversaire. Et quand je parle d’empressement : pendant « Plomb durci », au Zimbabwe, des milliers de civils sont tués, 1,5 millions de personnes voient leurs maisons détruites, mais comme Tsahal n’est pas responsable, cela semble intéresser l’ONU – et nos médias – que dans une mesure nettement moindre. Sans parler de tous ces gouvernants, Hugo Chavez, Muammar Khadafi, Mahmoud Ahmadinejad, Bachar Al-Assad, et tant d’autres despotes, qui sont bien moins prompts à réagir sur le sujet… En bref, ce qui m’inquiète, c’est l’attention et le traitement très particulier du conflit israélo-palestinien à l’ONU et dans les médias. Et selon moi, l’ONU ne gagne pas en autorité et en crédibilité en traitant Israël et le Hamas, dans le meilleur des cas, sur un pied d’égalité.

2) L’opinion internationale et une recrudescence d’actes antisémites, notamment en France

C’est attristant, parfois alarmant. Je n’aime pas les mouvements de foule violents, encore moins ceux qui prennent un caractère raciste emprunt de haine. Et donc, voir des drapeaux brulés, des slogans obscènes (juifs = nazis), et la récupération politique des Besancenot et autres crétins d’une certaine extrême gauche qui feraient presque passer le Hamas pour un mouvement saint et pacifique, ça me donne la nausée. Je n’ai pas vu ces « promeneurs du samedi » défiler pour défendre les Zimbabwéens (voir l’excellent article de Mohammed Sifaoui sur le sujet et surtout sa deuxième partie). Ce n’est pas nouveau que l’extrême gauche fricote avec des courants de pensée, sinon antisémites, au moins ouvertement antisionistes, ce qui revient la plupart du temps au même, comme je l’ai déjà évoqué sur le blog à travers les mots d’un autre bien plus sage et illustre. En même temps, Besancenot fricotant avec Rouillan, quelques allumés terroristes en cagoule, ça doit probablement l’émoustiller. Il faudra que j’écrive un billet sur Besancenot, il y’aurait un paquet de choses à dire. Je note.

Attention, je ne critique pas ceux qui défilent pour défendre la population de Gaza et de Cisjordanie. Mais comme le dit très bien la femme du témoignage précédent, le Hamas, ce n’est pas les Palestiniens. Et comme elle, je regrette amèrement d’avoir vu davantage de drapeaux du Hamas que de drapeaux palestiniens. Défendre le Hamas, manifester en criant haut et fort que le Hamas est dans son bon droit, c’est criminel et loin de soutenir le peuple palestinien, ça cautionne sa misère. Une manifestation intelligente et constructive aurait été conjointe de ceux qui se disent pro-israéliens et ceux qui se disent pro-palestiniens, bref de ceux qui sont en faveur de la paix, manifestant contre le Hamas qui prend en otage la population de Gaza et constitue l’obstacle majeur en vue d’une paix durable aujourd’hui. Oui mais voilà, le Hamas n’est pas « sioniste », c’est moins raccoleur…

Nous discutions avec un proche récemment de comment on peut décemment en arriver à sortir des énormités en rapprochant les crimes nazis des combats à Gaza, et parler de génocide ou même de Shoah… L’hypothèse que nous avons soulevée est que peut-être ces personnes se déculpabilisent en se disant que finalement, les Juifs valent pas mieux que les nazis et les collabos et qu’ils peuvent être eux-mêmes les bourreaux exécutant un holocauste. Alors que ce mardi coïncide avec la journée mondiale de commémoration de la Shoah, la vraie, la seule, il est très inquiétant de constater que, malgré le travail de mémoire, le souvenir de la Shoah et sa dimension historiquement inhumaine est déjà banalisé par certains, voir carrément nié par d’autres, régime des Mollahs iraniens en tête. Curieuse façon de commémorer une des plus funestes pages de l’histoire mondiale…

Comme je m’évertue à le souligner sur ce blog, il est complètement absurde de comparer le massacre systématique de la moitié d’une population (6 millions de Juifs tués en quelques années ; il y’en a environ 12 millions dans le monde aujourd’hui) dans des chambres à gaz par le seul critère d’avoir un grand-parent juif, et des victimes certes civiles, mais qui surviennent lors de combats de type guérilla entre deux armées combattantes (avec 15000 combattants et la modernité de leur armement, qu’on ne vienne pas me dire que le Hamas est une faction, je vais rire). Victimes qui se comptent en milliers sur une population de neuf millions de personnes dont 1,2 vivent en temps que citoyens libres en Israël (source Wikipédia)… Si Israël avait voulu commetre un holocauste, nul doute qu’il ne resterait plus grand monde à Gaza. Parler de Shoah ou de génocide, ce n’est pas ridicule, mais obscène et honteux vis-à-vis de tous ceux qui ont péri dans les camps de la mort et de leurs familles. Sans parler des rescapés, qui ont le malheur d’assister à ces scènes tragiques… Le choix des mots est fondamental : en banalisant ainsi la Shoah, les chances que ça se reproduise envers une communauté ou une autre augmentent. Se souvenir, pour une fois, empêcherait peut-être l’éternel recommencement de l’histoire.

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