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Athéisme ou laïcité ?

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La laïcité est sans conteste l’un des principes fondamentaux de la société française. Cependant, il semble qu’aujourd’hui son sens soit de plus en plus galvaudé, au profit d’une idée plus globuleuse qui prône à la fois un intégrisme forcené contre tout ce qui touche de près ou de loin à la religion, et en même temps une accointance parfois malsaine entre le monde politique et le religieux.

Laïcité et déni de religion

L’intolérance à l’égard du fait religieux ne cesse de grandir. L’actualité se cristallise autour de l’Islam, ce qui se traduit notamment dans la montée des extrêmes en général, et du front national en particulier. Il est de bon ton d’être « contre » les religions, et honni soit celui qui ose évoquer le religieux dans l’espace public. Selon moi, la laïcité, ce n’est pas le refus de la religion mais l’idée qu’elle fait partie du domaine privé de chaque individu. Ce n’est pas pour autant que la République doit mettre des bâtons dans les roues à la pratique religieuse, puisqu‘elle garantit la liberté de culte au travers d’un ministère du même nom.

La question de la viande dans les cantines aura été l’un des débats de société les plus enflammés de 2013, hors mariage gay évidemment – ceci dit, les ressorts de la stigmatisation gay et religieuse sont assez similaires. J’ai entendu ici et là des commentateurs expliquer que le Halal dans les cantines, c’était indigne. Le mot est un peu fort, mais il n’est sans doute pas question d’imposer à un enfant non soumis à régime particulier des contraintes alimentaires dictées par une religion. Certes. Résumer le problème à « il suffit de proposer un menu sans porc » n’est qu’une preuve accablante de l’ignorance totale de la majeure partie de la population sur les religions, à part quelques principes chrétiens historiques. Si on prend l’exemple du judaïsme, que je connais bien, le porc n’est qu’un aliment interdit parmi d’autres. Il ne sera pas davantage possible pour un enfant juif pratiquant de consommer du lapin ou des crevettes que des lardons.

Et alors, me dira-t-on, l’enfant juif n’a qu’à se débrouiller. Si ça ne convient pas aux parents, il n’a qu’à aller en école juive, ce sale communautariste. Ah, le beau paradoxe ! On te garantit la liberté de culte, mais fais nous confiance pour rendre ta foi incompatible avec le fonctionnement de la société. Ou comment au nom de la laïcité, on exclut et on favorise le communautarisme. Tout de même : entre les allergies alimentaires, les régimes végétariens ou végétaliens ou les règles religieuses, l’école publique doit pouvoir trouver un moyen de proposer chaque jour du poisson ou des œufs pour les enfants qui ne souhaiteraient pas manger de viande, quelle qu’en soit la raison. Ce qui doit rester dans l’espace privé, c’est le motif. La laïcité ne peut coexister avec la foi que si elle met en oeuvre des possibilités de conjuguer culte et vie publique, sans pour autant rogner sur ses valeurs fondamentales. Les cantines et les restaurants proposent bien du poisson le vendredi – en toute laïcité, bien entendu – pourquoi ne pourrait-elle pas le faire les autres jours ? Aussi, plutôt que de provoquer des esclandres qui scindent, chacun pourrait trouver sa place.

De la même façon, les dates d’examen font polémique régulièrement. Qu’est-ce que ça coûte d’assembler dans un calendrier les dates de jours de fêtes pour les principales religions en France et d’en tenir compte ? Est-ce si important si le baccalauréat commence jeudi et pas mercredi ? On pourrait résoudre le problème avec un peu d’intelligence, sans que personne n’en parle. Au lieu de ça, les autorités s’arc-boutent sur un intégrisme athéiste et on pourrait même se demander s’ils ne place pas volontairement les épreuves pendant les jours de fêtes de certains. Il ne viendrait à l’idée de personne de placer des examens le jeudi de l’Ascension ou le lundi de Pentecôte, alors pourquoi ne ferait-on pas le même traitement pour les autres ?

Si l’on veut être rigoureux avec la laïcité, il faudrait supprimer les jours fériés religieux, Noël inclus. Je vois déjà l’intégriste athéiste avec ses gros sabots : « mais Noël c’est pas religieux, c’est commercial ». Pourquoi, alors, au marché de Noël, entends-je des chants athées comme « Il est né le divin enfant » ou   »Douce nuit » ? Pourquoi la publicité de Canalsat raconte comment les Rois Mages ont pu regarder tout un tas de programmes fabuleux ? Je souhaite travailler le lundi de Pâques, pourquoi n’est-ce pas possible ? Je caricature. Mais si je suis capable, au nom de l’histoire de France, d’accepter ces entorses à la laïcité dans l’espace public, j’exige de la société qu’elle permette à des fois différentes de s’exprimer, en jouant son rôle de facilitatrice lorsque cela est compatible avec les valeurs de la République. C’est le sens de la circulaire autorisant les enseignants à s’absenter durant les principales fêtes religieuses de l’année, qui, en faisant un peu de place au fait religieux, diminue le risque de repli communautaire.

Le fléau de l’ignorance

La France d’aujourd’hui est passée maîtresse dans l’art de l’ignorance, de l’Histoire en général, surtout de la sienne. Le traitement de l’information est en grande partie responsable du phénomène. En ce 1er janvier 2014, j’écoutais un podcast de l’émission Les Grandes Gueules, sur RMC, qui rediffusait une interview d’Abd al Malik. Dans la discussion, l’animateur a interpellé l’artiste sur l’impression d’omniprésence de l’Islam dans les médias. J’aime beaucoup cette émission, j’ai donc de la peine à illustrer mon propos avec cet exemple, mais finalement c’est l’incarnation du problème. Je n’ai jamais entendu parle de l’Islam aux infos, je n’entends parler que de comportements musulmans, et encore, d’une certaine frange probablement minoritaire de cette communauté religieuse. J’ai entendu des débats sur l’interdiction du voile, la viande halal dans les cantines, les ouvertures des piscines réservées aux femmes, des moutons dans la baignoire, d’Al Qaeda évidemment, etc… Les musulmans que je fréquente ne semblent pas s’inscrire dans cette caricature de l’Islam. A écouter mes amis, je pourrais même croire en un Islam républicain, n’en déplaise aux médias ! Abd al Malik en est d’ailleurs le parfait symbole, en tout cas dans son discours public.

J’en reviens à l’un de mes chevaux de bataille favoris sur ce blog depuis sa création, à savoir la faiblesse de l’information en France. La presse, la radio, la télévision ne vivent que par le buzz et le scandale, qui forgent ce que j’appellerais la « position dominante ». Le succès grandissant de sites comme Mediapart ou Rue 89 ne sont qu’une énième illustration du phénomène. On se fiche bien de savoir ce qu’est l’A?d al-Kab?r et ses origines. Par contre, on peut compter sur les « journalistes » pour faire naître toutes les polémiques possibles sur ces « sauvages » qui égorgent les moutons. Mon exemple favori reste le traitement du conflit israélo-arabe ; je vous renvoie aux anciens articles de ce blog, qui démontrent comment le traitement médiatique manipule et forge l’opinion. Je ferai juste une parenthèse sur le diplôme remis par l’ambassadeur des Philippines à l’armée israélienne pour son aide suite à la catastrophe récente, qui n’a trouvé aucun écho dans la presse française. Par contre, je suis serein : au prochain soldat stupide qui se prendra en photo dans une situation compromettante, la polémique retentira sous un flot d’indignation. (#StephaneHessel, que je ne vais pas regretter)

Je m’acharne sur les médias, mais ils ne sont pas les seuls responsables. L’Ecole s’est perdue, et favorise l’ignorance. Au nom de la laïcité, on n’enseigne plus les religions. J’ai épluché les programmes scolaires sur le site de l’éducation nationale, on ne fait mention des religions qu’au collège, dans la rubrique « histoire de l’art ». L’ignorance est pourtant bien le pilier de la xénophobie et du rejet de l’autre. Si je ne comprends pas l’autre, comment puis-je accepter ses différences ? On doit pourtant bien être capable de traiter l’histoire des religions sans sombrer dans le prosélytisme, non ? Il suffit d’expliquer aux enfants les origines, les textes fondateurs, et les principales fêtes de chaque grande religion. J’espère sincèrement que les professeurs continuent à dispenser cet enseignement, que j’ai eu la chance d’avoir étant enfant.

Le mélange des genres

J’aimerais finir sur le mélange des genres. Alors que la séparation de l’Eglise et de l’Etat date de 1905, elle est par trop souvent bafouée de nos jours. Le premier exemple structurel est le cas de l’Alsace-Moselle, le fameux concordat. Pour des raisons historiques, les évêques, les prêtres, les rabbins et les pasteurs y sont toujours assimilés à des fonctionnaires et l’entretien des bâtiments est financé par l’État. On notera l’absence du culte musulman, bien que la Mosquée Eyup Sultan de Strasbourg ait pu bénéficier de fonds publics pour sa construction. L’enseignement religieux à l’école publique y est également autorisé. Cette collusion absurde et totalement anachronique entre l’Etat et la religion me parait être une atteinte bien plus grande au principe de laïcité.

Sur le même registre, la présence de tous les dignitaires politiques au fameux dîner annuel du CRIF me semble hors-sujet dans le cadre de la loi de 1905. Je n’aime pas davantage la présence de représentants (ministres ou autres) lors des offices de fêtes religieuses. Enfin, et c’est beaucoup plus grave, j’ai été choqué de recevoir à mon domicile des vœux pour la nouvelle année juive signés du maire et du député de ma circonscription. Il s’agit ni plus ni moins que d’une violation de ma vie privée. Je suis officiellement fiché comme juif par les services de l’Etat, alors que je n’ai jamais autorisé une quelconque communication sur le sujet… Ça fait un peu froid dans le dos, même si ça part d’un bon sentiment électoraliste et populiste.  Ils sont également présents et prennent la parole durant l’office de Yom Kippour. Tu parles d’une séparation ! Et aux frais du contribuable, évidemment…

Je ne vais pas m’étendre parce que j’ai déjà fait assez long. La question de la laïcité est complexe et mériterait un grand débat de société pour redéfinir ce que l’on met derrière ce principe fondamental. Je crois que le plus important est de rendre le principe de laïcité compatible avec la pratique du culte, à la condition que celle-ci se fasse dans le respect des principes républicains. A ce titre, l’interdiction des signes ostentatoires me parait aller de soi, puisqu’elle implique un basculement de la sphère privée dans l’espace public. D’un autre côté, l’empathie et la compréhension de l’autre sont les meilleurs armes contre la haine, l’intolérance et le repli communautaire. Garantir la liberté de culte et en faciliter la pratique républicaine, c’est encourager le « vivre ensemble ».

Une histoire de quenelle

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Les piaillements de Dieudonné étants historiquement l’un de mes sujets favoris, je me devais d’écrire un petit quelque chose sur l’affaire de la quenelle. J’écris depuis depuis 2007 (ici ou ) des articles où je démontre que « antisioniste » est une autre façon de dire « antisémite », je ne traiterai donc pas de ce sujet dans ce billet. Je me contenterai de préciser que, si doute il y avait concernant l’individu Dieudonné, il n’est plus permis aujourd’hui.

La quenelle, geste « anti-système » ?

Peut-être. Sans doute, même, au départ. Il est même possible, voir probable que lorsque Dieudonné s’approprie ce geste (et le dépose à l’INPI, business is business), c’est sans doute le cas. Seulement, les choses changent, et à trop jouer le jeu la provocation dans les médias, on finit par se faire rattraper par la patrouille. Si la quenelle est revendiquée par Dieudonné comme un geste « anti-système », elle a acquis par lui et à travers lui une connotation ignoble.

Dieudonné est antisémite. Ce n’est pas une opinion, mais un état de fait, puisqu’il a été condamné au moins deux fois pour ce motif (2007 et 2012), hors affaires en cours. A partir de là, lorsqu’il parle des Juifs dans ses spectacles, le prétexte de l’humour ne tient plus, sa crédibilité d’artiste étant engagée par ses prises de position publiques. Même en prêtant à Dieudonné une bonne foi qu’il n’a plus depuis bien longtemps, une partie de son public n’est pas en mesure de distinguer ce qui serait à mettre sur le compte de l’humour et les propos antisémites. Je rappelle ses relations douteuses avec Alain Soral, antisémite notoire, ou encore Jean-Marie le Pen, parrain de sa quatrième fille. Mais rassurons-nous, ce n’est que de la « provocation anti-système » !

J’en viens au fait. Si je mélange un geste devenu emblême et un antisémitisme exacerbé, j’obtiens des photos de fans exécutant la quenelle devant Auschwitz, l’école Ozar Hatorah (siège de la tuerie de Mohammed Merah), ou encore le mémorial de la Shoah. Dieudonné lui-même associait ce geste à sa liste « antisioniste » pour les élections européennes de 2009. A force de surfer sur la confusion (anti-système, antisioniste, antisémite…), le public que le pseudo-humoriste a lui-même éduqué s’est approprié la quenelle et en a fait un geste antisémite. Peu importe que Dieudonné y adhère ou non, le phénomène a dépassé son instigateur. Je passe sur la controverse sur les origines du geste qui s’apparenterait à un salut nazi déguisé, je n’en ai même pas besoin pour ma démonstration : la quenelle est un geste antisémite.

Un dernier argument ? Historiquement, la croix gammée s’appelle Svastika, et constitue l’un des plus anciens symboles de l’humanité. Il suffit de se promener en Inde, vous en verrez partout, même si elles sont orientées différemment. Néanmoins, la culture occidentale et les évènements historiques ont donné à ce symbole une connotation associée à la haine et au fascisme. Dans la culture occidentale, ce symbole est celui du nazisme. Dans le meilleur des cas, la quenelle a subi la même trajectoire et doit de la même façon être mise au ban de la société pour les idées nauséabondes qu’elle véhicule désormais.

Interdire Dieudonné, pour quoi faire ?

Dieudonné aura eu ce génie de s’engouffrer dans une brêche contre laquelle la société n’est pas en mesure à lutter. Je ne suis pas favorable à l’interdiction des spectacles pronée par le gouvernement, Manuel Valls en tête, pour plusieurs raisons. La première, c’est que je ne souhaite pas que le personnage devienne un martyr, et c’est le risque à trop le stigmatiser. Il serait beaucoup moins fort si personne n’en parlait, mais la société d’aujourd’hui est ainsi faite, et il en joue parfaitement. Chaque polémique lui apporte son lot de supporters en plus et renforce la conviction de ses fans historique, notamment les « anti-quelque-chose ». Deuxièmement, cela constitue un précédent préoccupant dans un état de droit qui protège la liberté d’expression. Enfin, c’est inutile : avec internet, l’audience de l’humouriste est garantie (20 millions de vues sur Youtube pour ses vidéos) et l’interdiction constituerait un énième coup de publicité.

D’un autre côté, il est compliqué d’imaginer qu’un individu aussi dérangé puisse continuer à s’exprimer librement, l’action de la justice étant lente et pas forcément adaptée. Le seul argument en faveur de l’interdiction, c’est l’impact financier. Le Théâtre de la Main d’Or parisien ne désemplit pas, sans compter le chiffre de la vente des produits dérivés autour de la quenelle. En interdisant le tout, Dieudonné devra se construire un nouveau modèle économique, ce qui pourrait nous donner quelques années de répit. Mais il y a plus simple : il est multi-récidiviste concernant les injures et les incitations à la haine, il ne paie pas ses amendes, etc… Il suffirait simplement d’appliquer les décisions de justice et la graduation progressive des sanctions. La prison ferme n’est une perspective agréable pour personne, surtout si aucun traitement de faveur ne lui est réservé.

Pour m’exprimer encore plus clairement : Dieudonné est un emmerdeur, c’est dans son ADN. Et si le « système » le prenait à son propre jeu et l’emmerdait en retour ? Si la société française est bien construite, ce que je crois, si on ne renonce pas sur l’enseignement de l’histoire et des valeurs républicaines à l’école, Dieudonné n’a aucune chance de gagner au jeu du plus grand emmerdeur. Ce serait une belle « quenelle » pour son instigateur…

Quand un mort en vaut plus qu’un autre. A moins que…

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Alors que 2012 laisse sa place à 2013, la guerre civile syrienne se poursuit. Quasiment 60.000 personnes sont décédées à fin novembre 2012, selon l’ONU. Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a comme d’habitude sortie l’artillerie lourde, n’hésitant pas à parler de « crimes contre l’humanité ». Cette fois, il n’a sans doute pas tort, mais ses prises de position antérieures sur un conflit qui m’est cher ne lui accordent que peu de crédibilité à mes yeux.

Ça intéresse qui, la Syrie ?

Cela étant dit, ce qui se passe en Syrie depuis presque un an est terrible. Le printemps arabe a du mal à se terminer dans le pays de Bachar. Ne maîtrisant absolument pas les tenants et aboutissants du conflit, je ne m’épancherai pas sur le sujet, même si comme la plupart je pense que le règne de M. el-Assad, grand ami du si fréquentable Hezbollah libanais, a assez duré. J’ai toujours un peu de mal avec les dictateurs qui succèdent à leur père et qui dézinguent des opposants qui manifestent.

Cela étant dit, ce qui me pose question, c’est l’absence incompréhensible de réaction dans l’univers politico-médiatique français. Quelques manifestations depuis le début du conflit (2600 personnes en avril selon Amnesty, autant dire qu’ils ont compté les chats et les chiens), quelques secondes dans les JT désormais…

Deux poids, deux mesures

Mais où sont donc les défenseurs de la justice et des droits de l’homme ? Vous savez, ces personnes promptes à s’emparer du moindre petit fait divers concernant le peuple palestinien opprimé par le vilain occupant israélien, comme par exemple MM. Besancenot, Hessel l’indigné ou Mélenchon, ou encore Mesdames Artaud et Buffet. Étrangement  je ne les ai vus dans aucun défilé ni entendu dans une quelconque émission de télévision sur le sujet, pour exprimer leur horreur face à ce « génocide » ou « apartheid »  - accusations ignobles qu’ils n’hésitent pourtant pas à proférer concernant Israël. Je n’ai pas non plus constaté que M. Besancenot ait affrété un navire pour aller sauver le peuple syrien du joug de Bachar.

J’oubliais une statistique intéressante : le conflit israélo-arabe a, selon ce site très bien renseigné en général, causé 51000 victimes de 1950 à 2003. A ce rythme là, si cela durait aussi longtemps en Syrie, on dépasserait les 3 millions de morts ! Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : un mort est un mort et c’est un mort de trop, quelle que soit son origine. Mais étrangement, le brouhaha médiatique et l’indignation des people sont inversement proportionnelles à l’ampleur des conflits

Une vie humaine aurait donc plus de valeur en Palestine qu’en Syrie ? Les motivations sont évidemment plus nobles – même si on peut toujours discuter – concernant la démocratie israélienne en guerre contre un ennemi qui a juré sa perte que pour la dictature héréditaire syrienne et sa répression sanglante. A moins que finalement, l’important ne soit pas la victime, mais son « bourreau » supposé… Je consens à laisser le bénéfice du doute aux esprits faibles manipulés par la disproportion médiatique. Mais pour les autres, comment expliquer cette ahurissante différence de considération autrement que par la haine irrationnelle de ceux qui se décrivent fièrement comme « antisionistes » ? Antisionistes, dîtes-vous ? Cela reste à voir

Zorro, le musical : Suite et fin

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Qu’est-ce que c’est difficile de trouver du temps pour blogger… C’est difficile de se rendre compte combien ça pompe de temps et d’énergie d’écrire un article. J’en serais presque à comprendre pourquoi le journalisme d’investigation est en train d’agoniser

Tout ça pour dire que j’ai du publier deux critiques sur Musical Avenue ces derniers jours, pour Zorro dont je vais parler dès que j’aurai arrêté de me plaindre, et pour le somptueux spectacle Otango, que je vous invite à découvrir s’il passe près de chez vous. Pour écrire ce genre d’articles, il faut faire un travail d’investigation pour fouiller un peu le passé des artistes, qu’ils soient sur scène ou dans l’équipe créative, éventuellement trier et retoucher des photos, écrire un texte relativement construit et fouillé. Une critique comme celle de Zorro prend à un amateur comme moi quatre à cinq heures, tout compris. C’est fou quand on y pense. Enfin, quand on aime…

Zorro côté presse

Si vous êtes une lectrice ou un lecteur assidu(e) de ce blog, les quelques articles sur Zorro n’ont pas pu vous échapper. Je vous ai parlé du premier showcase, du deuxième showcase, des répétitions, du livre d’Isabel Allende… Je note d’ailleurs avec plaisir que la production a remplacé « basé sur le roman d’Isabel Allende » par « inspiré du roman d’Isabel Allende ». Étant a priori le seul sur la toile à m’être ému de l’abus de langage tant les histoires sont différentes, j’aime croire que j’y suis pour quelque chose, d’autant que j’ai titillé Stephen Clark (l’auteur) et Sandrine Mouras (la DG de Stage Entertainment France) sur ce point précis. Même si je constate avec une relative déception qu’aucun média ne s’est gêné pour reprendre l’affirmation abusive (par exemple Chérie FM), ce qui prouve que la lecture du livre n’a pas constitué un passage obligatoire…

Durant cette aventure, j’ai eu l’occasion d’interviewer quasiment tous les protagonistes de la création de ce musical, ainsi que les acteurs principaux. De Christopher Renshaw, metteur en scène du spectacle, à Rafael Amargo, fantasque chorégraphe, en passant par Stephen Clark (livret et paroles), Eric Taraud (adaptateur), Sandrine Mouras, et les acteurs Laurent Bàn (Diego/Zorro), Liza Pastor (Luisa), Géraldine Larrosa (Inez), Benoit de Gaulejac (Garcia), Yan Duffas (Ramon) et le fameux Georges Beller (Don Alejandro/narrateur). J’ai même eu John Gertz, le PDG de l’entreprise qui gère la marque « Zorro » dans le monde.

Couvrir ce genre d’évènement avec ce niveau de détails est passionnant. Travailler avec une attachée de presse de la qualité de Blanche-Aurore Duault est extrêmement agréable, tant elle est compétente, disponible et sympathique. Mais au-dessus de tout ça, j’ai pu entrer un peu dans les coulisses de la création, comprendre comment un tel projet se met en place, à travers les yeux de ceux qui y ont mis leur passion et leur énergie. Pour ne rien gâcher, ils sont tous très sympathiques.

J’ai même joué au paparazzi à la soirée de première, mais ça j’aime beaucoup moins. Malgré tout, plein d’abnégation, j’ai pris en photos les « people », de Jamel Debbouze, que j’attendais plus sur un concert de 50 cent que sur Zorro, à Patrice Laffont, en passant par Laurent Gerra, Philippe Candeloro, Shirley et Dino, Gérard Holtz et même Sylvie Vartan ou encore Kamel Ouali. Bref, passons…

Et le spectacle ?

J’y suis enfin allé le 12 novembre dernier. Je ne vais pas reprendre la critique déjà parue sur Musical Avenue, ça n’aurait aucun sens. Pour résumer, j’ai pris une énorme claque. Après celle du Roi Lion, je pensais avoir tout vu, mais alors ça…

Si je veux être complètement honnête, je dois bien reconnaitre que selon moi les chansons ne constituent pas l’atour majeur du spectacle, à part peut-être L’homme derrière le masque, interprétée par Liza Pastor. En même temps, je ne m’attendais pas à une révolution musicale avec les Gipsy Kings. En gros, ce n’est pas la musique des Misérables… mais ça se défend.

L’album du spectacle est d’ailleurs globalement décevant, les chansons manquant cruellement de rythme et de puissance en comparaison avec les versions scéniques. J’ai du mal à comprendre ce besoin « d’adapter les chansons à la radio », celles du spectacle convenant très bien. « Bamboleo » voit par exemple ses paroles revues et corrigées dans le single, pendant qu’ « Une autre bière », pathétique sur l’album, fonctionne parfaitement sur scène.

Cependant, globalement, l’adaptation d’Eric Taraud est fidèle, et les chansons passent très bien sur scène, s’intégrant totalement à l’histoire (à part peut-être « Djobi, Djoba » qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe). Quant aux chorégraphies flamenco de Rafael Amargo, si j’avais peur de saturer, j’ai été totalement conquis.

Mais la raison pour laquelle il faut ABSOLUMENT aller voir Zorro aux Folies Bergère, c’est pour la mise en scène. Cascades, tours de prestidigitation, combats à l’épée, décors, costumes : on a l’impression d’être au cinéma, sauf qu’ils le font devant nous pour de vrai, c’est magique. On en prend plein les mirettes pendant 2h30, et on souhaite tout, sauf que ça s’arrête ! Je pense pouvoir affirmer qu’on a jamais vu ça dans l’Hexagone.

L’histoire est également intéressante et bien construite. C’est une nouvelle histoire de Zorro, et ce n’est pas pour nous déplaire. Les rebondissements sont bien ficelés, et finalement la narration est bien moins conventionnelle qu’il n’y parait. Le récit est sans concession pour ses personnages, et certaines séquences dégagent même une forme de violence assez éloignée de l’esprit de la série Disney (mais qu’on ne s’inquiète pas, les clins d’œil y sont tout de même très nombreux).

Le tout, servi par des acteurs pour moitié issus du théâtre pur, les autres étant des artistes pluridisciplinaires. En particulier, Yan Duffas, dans le rôle du méchant, est exceptionnel. Je n’avais jamais vu une prestation théâtrale de ce niveau dans une comédie musicale, en tout cas en France. En plus, Yan est très sympathique, et il m’a avoué qu’il aurait voulu chanter davantage dans le spectacle (il n’a qu’une comptine).

Que dire de Laurent Bàn, Liza Pastor ou Géraldine Larrosa ? Exceptionnels tant dans le jeu, qu’en chant et qu’en danse, avec une mention spéciale à Laurent qui ne ménage pas ses efforts, puisqu’il effectue lui-même ses acrobaties. Benoit de Gaulejac et Georges Beller, hommes de théâtre, sont parfaits.

Enfin, les membres de l’ensemble constituent un groupe de très haut niveau. J’avais été très déçu du casting du Roi Lion, avec Zorro, je n’ai absolument rien à redire. Ils sont tous irréprochables. Et dire que comme nous sommes au début, ils ne maitrisent pas encore totalement leurs personnages… Si l’évolution est aussi flagrante que pour Cabaret dans la maîtrise, j’ose à peine imaginer ce que ça me fera de revoir le spectacle un peu plus tard, ça va être extraordinaire ! Ça se joue au moins jusqu’en avril, avec possible prolongation, voir tournée…

Sur ces belles paroles, je vous laisse, et vous encourage vivement à aller voir ce spectacle qui réconciliera même les plus farouches adeptes du « j’aime pas trop les comédies musicales », car ils vont enfin découvrir ce qu’est le théâtre musical, le vrai, celui que j’aime. Merci Stage Entertainment, et continuez comme ça ! A suivre en 2010, la création de Mamma Mia en Français. Je n’ose même plus être sceptique…

Crédits photos : Musical Avenue

Les Misérables au cinéma : notre casting de rêve

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Je publiais l’information récemment sur Musical Avenue : une de mes comédies musicales préférées, à savoir Les Misérables, d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg fait l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique. Cameron Mackintosh, instigateur de la version londonienne, aurait donc signé avec le studio anglais Working Title pour une sortie dans les salles obscures à l’horizon 2012.

Les Misérables au cinéma, ce ne serait pas vraiment une première, mais pour la comédie musicale, si le film est réussi à l’instar des Chicago, Hairspray et autres Mamma Mia , ça serait le moyen idéal d’entrer définitivement dans la postérité.

Avec ma chérie, qui devrait publier son premier article Baz’Arts d’ici quelques semaines (et il est temps), nous nous sommes pris à imaginer un casting pour ce film, en ne s’interdisant aucun acteur. A part pour ceux qu’on a déjà vu dans des comédies musicales, on ne s’est pas vraiment soucié de la capacité en chant, mais les acteurs hollywoodiens peuvent tout faire, c’est bien connu. D’ailleurs, Rosario Dawson, qui avait hérité du rôle de Mimi dans le long métrage tiré de Rent nous a prouvés que bien chanter n’était pas une condition nécessaire. Après, il faut reconnaitre que pour Les Misérables, c’est quand même mieux d’être un peu chanteur…

Ça donnerait la troupe suivante :

  • Jean Valjean : Hugh Jackman (qui a joué pas mal de musicals sur scène)
  • Javert : John Malkovich
  • Marius : Ewan Mc Gregor (Moulin Rouge, et Guys and Dolls à Londres)
  • Fantine : Uma Thurman (The Producers)
  • Eponyne : Halle Berry
  • Cosette : Renée Zellweger (Chicago)
  • Enjolras : Matt Damon (sinon Brad Pitt ou Johnny Depp, en cas d’indisponibilité, et éventuellement Will Smith pour les quotas)
  • Les Thénardier : Robin Williams et Meryl Streep (Mamma Mia)

Il faut bien reconnaitre que les acteurs américains ont pour la plupart un sacré bagage dans le domaine, ça fait partie de leur culture. Après un petit apéro (il fallait au moins ça), le fantasme est devenu délire complet sur la très hypothétique version française du film. Au niveau du chant, là par contre on est sûr, ça risque d’être relativement catastrophique. Le constat est terrible, mais à part Patrick Bruel (qu’on a pas réussi à placer), on manque quand même d’acteurs/chanteurs en France… Je ne vois aucune actrice française chanter « J’avais rêvé », la plupart étant vocalement des clones de Zazie et Carla Bruni en termes de puissance. Il faudra partir sur du playback (comme sur La môme) si on veut des stars, mais ce n’est pas grave  :

  • Jean Valjean : Vincent Lindon, ou le Gérard Depardieu d’il y a 30 ans
  • Javert : Jean Reno
  • Fantine : Karin Viard
  • Eponyne : Cécile de France
  • Marius : Guillaume Canet
  • Cosette : Mélanie Laurent
  • Enjolras : Clovis Cornillac, qui poussait la chansonette dans le très joli Faubourg 36. Pour Les Miz, ça risque d’être juste, néanmoins.
  • Les Thénardier : Jean-Paul Rouve et Yolande Moreau (ceux-là, on en est fiers)

Conclusion, rien de tout cela n’est possible. En terme de budget, ça ferait un peu trop mal pour les Anglais… Pour les Français, je recommande plutôt de prendre de jeunes artistes talentueux, c’est moins cher, et le résultat sera bien meilleur. Julien Salvia, Yoni Amar, Stéphane Métro, que j’ai vus à Lausanne dans la version française des Misérables seraient un excellent début !

Par contre, au niveau des recherches Google pour mon blog, je pense qu’un article qui contient tous ces noms prestigieux va faire exploser les statistiques ! Pour le moment, il faut reconnaitre que ce sont les articles sur Zorro, la comédie musicale, qui génèrent un paquet de trafic. Vu l’actualité, avec la première de gala qui a eu lieu le 5 novembre dernier, c’est assez compréhensible. En ce qui me concerne, je vais voir le spectacle jeudi, et j’ai super hâte.

Concernant Les Misérables, je vais me consoler de ces doux rêves de casting en allant voir la tournée anglaise du spectacle qui s’installera au théâtre du Châtelet au printemps prochain. Pour les moins de 28 ans qui ne le sauraient pas, le théâtre propose une carte jeunes à 15 € qui permet d’obtenir des places en catégorie 2 au tarif de 20 € pour certaines dates sur tous les spectacles. Rappelons au passage que la place en catégorie 2 coûte aux alentours de 80 €. Cette saison, outre Cosette, on retrouvera aussi La Mélodie du Bonheur, A little Night Music et Magdalena (que je ne connais pas) en comédies musicales, mais n’oublions pas que le Châtelet propose également des ballets, opéras et autres concerts classiques.

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